Les causes des manifestations de la violence dans le milieu scolaire


 

Dans l'ouvrage "Construire la non-violence" (2006), Heughebaerts et Maricq répertorient plusieurs causes de la violence en milieu scolaire :

  1. douter et ne pas avoir confiance en soi ;
  2. ne pas maîtriser la notion de temps ;
  3. n'avoir aucun pôle d'intérêt ;
  4. ne pas respecter les rythmes de développement et de vie ;
  5. ne pas construire les repères ;
  6. ne pas connaître les limites et les interdits ;
  7. ne pas construire les repères par rapport à l'histoire de chacun ;
  8. ne pas pouvoir établir la différence entre mort et vivant ;
  9. ne pas pouvoir établir la différence entre fiction et réalité.

D'autres contextes sont également cités dans le livre "Situations violentes à l'école : comprendre et agir"  (2005) de Cellier et Bagur :

  • le contexte personnel : il relève des différents dysfonctionnements d’une personne sur le plan psychique, relationnel, etc ;
  • le contexte familial : il se caractérise par la succession ou par la répétition d’expériences et/ou d’événements difficiles ou douloureux à l’intérieur du cocon familial ;
  • le contexte scolaire : à  l’école, l’équipe pédagogique, les enfants, mais aussi les parents, constituent un système complexe dont les interactions entre les différents acteurs sont permanents. S’il y a rupture dans la communication, il se peut que l’enfant puisse éprouver un certain mal-être et, par extension, recourir à la violence. Lorsqu’un tel mal-être (individuel et/ou collectif) s’installe au sein de l’établissement scolaire, il est donc nécessaire que tous les acteurs mettent en œuvre un moyen de procéder à des ajustements qui devront tenir compte des préoccupations, limites et possibilités de chacun ;
  • le contexte social : il relève des causes multiples qui mettent à mal l’identité sociale du jeune ou son sentiment d’appartenance aux différents groupes qui composent la société (mauvaises conditions de vie, situations des parents, isolement, difficultés d’intégration, violence, etc). L’enfant ne se sent pas accepté, reconnu, intégré socialement ;
  • le contexte politique et économique : il pèse un poids considérable sur l’atmosphère générale des différents groupes sociaux, sur les projets, la place ainsi que l’avenir des individus dans la société. Ainsi, un contexte sombre favorisera un mal-être individuel et/ou collectif ;
  • le contexte sociétal et les médias : ce dernier véhicule des messages extrêmement nombreux, parfois impératifs, parfois contradictoires. Il peut donc être dangereux de prendre certains spots publicitaires et télévisuels au premier degré, comme le font fréquemment les enfants, n’étant pas encore dotés d’assez de discernement pour faire la part des choses. En effet, ces spots font souvent la promotion de comportement à ne pas adopter (violence, envie, désir, puissance, etc). Mais, dans tous les cas, ces messages ont de l’influence sur les comportements, les attitudes, le vocabulaire et la conduite des enfants, qui y sont quotidiennement exposés. Ainsi, certains enfants (et adolescents) en quête d’intégration sociale sont particulièrement vulnérables à ces messages médiatiques et aux différents « phénomènes de mode ». Ils sont encore incapables de prendre du recul et adoptent ces messages en ayant l’intime conviction de se plier ainsi aux normes sociétales.